Les femmes et la franc-maçonnerie

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Dès 1744, un Ordre dit "de la Félicité" recevait des femmes dans des loges para-maçonniques et cette habitude s'étant propagée, en 1774, le Grand Orient de France se préoccupa de leur donner un statut en créant des loges dites "d'adoption", constituées d'épouses, filles ou autre femmes proches des franc-maçons, placées sous la tutelle et la direction des hommes. Elles ne recevaient pas l'initiation, mais avaient droit à une cérémonie d'adoption: elles donnaient des soirées de bienfaisance, avaient quelques discussions intellectuelles sous la protection des hommes.

En 1780, Cagliostro fonda le Rite égyptien avec des loges dites "androgynes" sous les auspices de la déesse Isis. Les loges d'adoption étaient surtout fréquentées par les dames de la noblesse et les intellectuelles de l'époque.

Dans les Obédiences libérales, les loges féminines d'adoption survécurent après la Révolution française de 1789. En 1805, l'Impératrice Joséphine en aurait été Grande Maîtresse. Mais elles ne se développèrent pas outre mesure au cours du XIXe siècle. Aucune ne semble avoir été créée après 1864.

Tout au long du XIXe siècle, en France, les débats sur les droits des femmes aboutissent à un acte révolutionnaire dans l'ordre des francs-maçons: l'initiation d'une femme selon les mêmes rituels qui procuraient les mêmes droits qu'aux hommes.

C'est en 1882 que Maria Deraismes, féministe et journaliste de grand talent, se fait initier par le Président de la loge des Libres-penseurs du Pec, Georges Martin, et en 1893 que se crée l'Ordre maçonnique mixte international "Le Droit Humain", qui proclame l'égalité des droits des deux sexes et se répand rapidement, au cours de la fin du XIXe et au début du XXe siècle, dans une cinquantaine de pays.

Les loges mixtes ne remportant pas l'unanimité dans les obédiences maçonniques, La Grande Loge de France relance les loges d'adoption en 1901, mais lorsque les femmes obtiennent enfin le droit de vote en 1945, elle reconnaît la pratique désuète et leur donne leur autonomie.

C'est ainsi que se crée l'union Maçonnique féminine de France, qui changea son nom en 1952 pour s'appeler du nom qu'elle a conservé jusqu'à maintenant, Grande Loge féminine de France. Sous son initiative, ou par son exemple, de nombreuses Grandes Loges féminines furent créées dans de nombreux pays.


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