Brève histoire de la Franc-maçonnerie
Conférence présentée à Montréal, le 12 septembre 2005
Peut-on définir une institution à travers son évolution historique ? À travers les légendes qu’elle-même a créées pour se donner une origine très lointaine ? À travers les rumeurs qui circulent à son sujet ?
Difficile question, à laquelle, pourtant, il faut essayer de répondre. Car si chaque société humaine se donne des objectifs, des idéaux, et des lois, les humains qui la composent font souvent dévier les règles initiales. D’une part, car les temps changent et les institutions doivent s’adapter aux circonstances nouvelles, d’autres part, car dans presque tous les regroupements ou existe une hiérarchie, la soif de pouvoir de certains, les conflits d’opinion, d’intérêts, de personnalité ou d’idéaux provoquent des divergences, qui aboutissent à de nouvelles orientations ou sous groupes. Plus complexe et plus vaste est l’objectif, plus l’union est compromise. Tout changement provoque donc une part de l’histoire. « Les peuples heureux n’ont pas d’histoire », dit-on. Les institutions humaines, qu’elles soient religieuses, politiques, sociales elles, en ont une, parce qu’elles évoluent. Et si elles demeurent statiques, elles ne correspondent plus à leur temps.
C’est pourquoi, plutôt que de parler de LA Franc-maçonnerie, il faudrait parler DES Franc-maçonneries, branches d’un même troc, qui, lui, a aussi de multiples racines. En aurait-il une seule que l’arbre, aujourd’hui, serait mort.
Ainsi, les corporations de métier du Moyen-âge, Francs-maçons, puis Compagnons, avaient des objectifs relativement précis : l’apprentissage d’un métier selon les règles d’un art qui se transmettait et évoluait depuis des générations, dans différents secteurs : non seulement l’art de construire, depuis l’équarrissage des pierres, en passant par la coupe et le travail du bois qui servirait de charpente, jusqu’à la ferronnerie, la géométrie, l’architecture, en passant par le vitrail, la sculpture, la connaissance symbolique de l’ornementation des bâtiments, qu’elle soit d’origine religieuse, biblique, évangélique, alchimique ou kabbalistique, dans les églises et cathédrales, héraldique ou historique, dans les châteaux seigneuriaux.
Ces corps de métier médiévaux avaient des saints patrons, les deux Saint-Jean, mais aussi leurs légendes, d’origine biblique, surtout, puisque le temple idéal demeurait celui de Salomon.
Ils avaient, surtout, des règles morales très précises : la pratique religieuse, l’obligation d’assister à la messe et de se soumettre aux dix commandements, mais aussi la connaissance et l’amour de leur métier, l’apprentissage auprès de maîtres qui les formaient, et qui les envoyaient ensuite apprendre d’autres techniques et enseigner les leurs dans d’autres chantiers.
C’est ainsi que les Maçons que l’on appelait « francs » -libres- avaient la liberté de passer les frontières d’un ducat ou d’un royaume, l’obligation de voyager et de connaître ce qui se faisait ailleurs.
Ils avaient des relais, des obligations envers ceux qui les accueillaient en ces nouveaux états, et à l’obligation d’apprendre et de transmettre, s’ajoutait celle de garder les secrets du métier à ceux qui n’y étaient pas préparés.
Comme toute corporation, celle des Francs-maçons avait l’esprit corporatif. Il n’était pas question de transmettre des secrets du métier à ceux qui ne partageaient pas le leur. La formation était longue et dure. Sauter des étapes dans cette formation ne permettait pas une réelle connaissance du métier. De là vient ce fameux secret que compagnons et francs-maçons (deux corporations bien distinctes, bien qu’ils aient eu plusieurs points en commun, et encore plus distinctes de nos jours) juraient de garder.
De là vient aussi la méfiance des grands de ce monde, et particulièrement de l’église, qui, déjà au Moyen-âge avait failli excommunier le compagnonnage à cause de ce fameux secret qu’ils juraient de ne pas révéler, même à leur confesseur.
Nous avons des documents datant du 15e siècles, Les Traités de Ratisbonne, qui concernait des Francs-maçons allemands, qui peuvent être consultés par ailleurs, qui nous donnent un bon exemple du code d’éthique de ces corporations médiévales.
Ces voyageurs avaient, entre autres, développé un sens de la solidarité et de l’entraide, promettaient de s’apporter secours et assistance en toute circonstance, sauf si un de leurs camarades enfreignait le code moral auquel il avait prêté serment. Dans ce cas, il devait réparer ses torts, et s’il le refusait, il était banni de tous les chantiers et ne pouvait pas trouver de travail. Solidarité ne voulait pas dire complicité avec une infraction au code.
L’habitude de voyager leur avait appris, comme disait Montaigne que « vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », bref, qu’il fallait accepter les mœurs des autres, la différence des sociétés, des coutumes, des pratiques. Le Moyen-âge européen était chrétien.
Au XVIe siècle, la redécouverte ou plutôt la diffusion, hors du monde des érudits- de la mythologie, la littérature et les arts grecs et romains, -le mouvement humaniste qui s’adonne avec passion à l’apprentissage des langues anciennes, grec, hébreux, araméen, l’invention de l’imprimerie, qui permet une plus large diffusion de l’Ancien et du Nouveau Testament, tout cela va amener de nouvelles interprétations jusque là réservée à l’Église et à ses Pères- des écritures, en une période ou les princes de l’église et les papes mènent une vie dissipée qui n’a rien à voir avec la pureté et la pauvreté évangélique. Après les Cathares, décimés comme hérétiques, viendront les Calvinistes, le Luthérianisme, bref, la Réforme, et les guerres de religion.
Il est important de comprendre combien ce schisme entre catholiques et protestants a influencé l’histoire de la Franc-maçonnerie du XVIIe et du XVIIIe siècles. Les pays du Nord des Pays-bas à la Prusse, l’Empire Germanique et la Grande Bretagne accueilleront plus favorablement les protestants que les pays « méridionaux » : France, Italie, Espagne et Portugal, qui demeureront catholiques. Les grandes constructions, palais, châteaux, édifices municipaux, églises, se poursuivent : les corporations de métier continuent leurs pratiques de voyage : la relativité des pratiques religieuses leur sera dorénavant familière, et leur sens de la tolérance devra s’appliquer, cette fois-ci, à des croyances métaphysiques et aux diverses manières d’interpréter un dogme.
Dans les pays catholiques où les persécutions religieuses et l’inquisition sévissent, on pense que les Francs-maçons ont contribué, grâce à leur réseau d’auberges et de chantiers, à « faire passer » des déclarés « hérétiques » (protestants, juifs, alchimistes, kabbalistes…) en lieu sûr. On spécule sur les influences qui ont pu s’exercer dans ces échanges. Notamment en matière de symbolique, de philosophie. Mais les Francs-maçons d’alors étaient encore, avant tout, des opératifs, c’est-à-dire, des ouvriers spécialisés, et parmi eux les Maîtres d’œuvre, les architectes, surtout, avaient des connaissances plus poussées, étaient, sans doute, plus intellectuels.
Vient, vers la fin du XVIIe siècle, le déclin des grandes constructions et par voie de conséquence celui des corporations ouvrières. Pour de multiples raisons, les loges de Francs-maçons survivent mieux en Angleterre.
Cette période verra l’introduction, dans les loges de maçons dits opératifs, gens du métier, d’hommes qui ne sont pas des professionnels, mais davantage des idéalistes, des hommes de science ou des philosophes, qui, sous diverses influences encore complexes à démêler, comme nous le verrons par la suite, se feront « accepter » comme francs-maçons « spéculatifs ».
En une période où le libertinage des mœurs se confond avec le libertinage philosophique (celui des libres penseurs qui souhaitent pouvoir faire table rase des dogmes pour réfléchir avec un esprit rationaliste ou scientifique), ces francs-maçons spéculatifs vont avoir l’intéressante idée d’adopter la structure de la Franc-maçonnerie de métier pour transposer certaines valeurs sur un plan social.
Les progrès de la science dont les découvertes, depuis Galilée, avaient été en butte aux dogmes de l’Église, les désastreuses Guerres de religions, et les persécutions qui s’ensuivirent, la cassure que le Protestantisme a introduit dans l’Europe chrétienne, développent une méfiance de plus en plus grande envers le dogmatisme.
L’idée d’un déisme s’était déjà frayée un chemin depuis le XVIIe siècle, avec des philosophes comme Descartes, entre autres, qui demandait de faire table rase de toutes ces croyances et connaissances pour mieux chercher la vérité. Il ne gardait qu’une croyance : celle d’un Dieu créateur du monde selon des lois qu’il s’agissait de découvrir pour mieux comprendre l’univers, la matière et les phénomènes naturels.
Déiste aussi, Voltaire, grand pourfendeur des religions dites révélées. « Si cette horloge marche, il a fallu un Horloger ».
Matérialistes athées, les Diderot et d’Alembert qui dirigent la fameuse Encyclopédie au XVIIIe siècle, mais se gardant bien de le déclarer ouvertement, de crainte de l’Inquisition…
En une période ou les conflits religieux entre protestants, Anglicans, Catholiques romains, déistes, voire panthéistes, déchirent encore les états, et où les juifs ne sont pas toujours acceptés, l’Angleterre, anglicane, a la voie plus libre, puisque non soumise à la Papauté.
De l’Angleterre viennent en ce moment les lumières de la raison. Des sociétés qui regroupent des hommes de science, de loi, des philosophes etc. comme la Royal Society, qui travaillent plus à l’aise dans un pays anglican, des institutions comme le parlement, font l’admiration des philosophes du XVIIIe siècle français.
C’est donc en Angleterre que la transition entre les FM opératifs et les spéculatifs se fera, pour se répandre à une vitesse étonnante dans toute l’Europe et ses colonies respectives. Elle correspondait donc à un besoin.
La tolérance, l’esprit de libre examen sur des questions techniques, la solidarité et l’éthique des francs-maçons opératifs, leur réseau d’échanges internationaux, leurs rites et leurs symboles seront adoptés et adaptés à la société du XVIIIe siècle. Il s’agit non plus de construire des édifices, mais une société qui puisse unir des hommes autour de la conception d’une société plus tolérante, plus fraternelle et plus morale. Car pour construire, il faut des matériaux solides, et ces matériaux, ce sont les êtres humains, qu’il s’agit de perfectionner avant tout, que ce soit pour la plus grande gloire de Dieu ou pour le progrès de l’humanité.
Les outils des constructeurs, ceux des tailleurs de pierre, des géomètres, des architectes deviendront des outils symboliques, que l’on ne demande plus de savoir manier sur le plan pratique, mais sur le plan conceptuel, pour édifier une société meilleure.
Le 24 Juin 1717, (fête de la St Jean d’été, patron des Francs-maçons), quatre loges de Londres se réunirent et fondèrent une Grande Loge, appelée depuis Loge Mère.
En 1723, le Pasteur Anderson et un groupe de spéculatifs publient la première Constitution, qui porte son nom. Sans entrer dans les détails de cette constitution qui régit le comportement des membres et la régularité des travaux en loge, et qui est fort longue, nous considérerons l’article premier.
Article 1 constitutions d’Andersen 1723
I. Concernant Dieu et la religion :
Un Maçon est obligé par sa tenure d'obéir à la Loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux.Mais, quoique dans les temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d'appartenir à la religion de ce pays ou de cette nation, quelle qu'elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des hommes bons et loyaux ou hommes d'honneur et de probité, quelles que soient les dénominations ou croyances qui puissent les distinguer; ainsi, la Maçonnerie devient le centre d'union et le moyen de nouer une véritable amitié parmi des personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement éloignées.
Le texte de 1738 (Ce texte est modifié à l'occasion de la transformation de la Grande Loge de Londres en Grande Loge d'Angleterre):
Dans les temps anciens, les maçons chrétiens étaient tenus de se conformer aux coutumes chrétiennes de chaque pays où ils voyageaient.
Mais la maçonnerie existant dans toutes les nations, même de religions diverses, ils sont maintenant tenus d'adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord (laissant à chaque frère ses propres opinions) c'est à dire être hommes de bien et loyaux, hommes d'honneur et de probité, quels que soient les noms, religions ou confession qui aident à les distinguer :
Ces variantes et leurs nuances auront des conséquences importantes.
Cependant cette même année, le Pape Clément XII, qui s’inquiète du succès de cet Ordre qui semble vouloir faire concurrence à celui de l’Église, excommunia les Francs-maçons et ceux qui les fréquentaient.
Pourtant, la FM était alors essentiellement chrétienne et beaucoup de nobles, et d’hommes d’église en faisaient partie. La pratique de rites et de discussions qui demeuraient secrets inquiétait d’autant plus le Vatican, que ces organisations partaient de pays anglicans mais proliféraient en pays catholiques et admettaient dans leurs rangs des hommes de toutes les religions, comme on vient de le voir.
L’ordonnance de l’excommunication fut effective en Espagne et au Portugal (et bien sûr en Italie), et dans leurs colonies respectives, donc dans toute l’Amérique latine. Elle ne fut pas appliquée en France. Cela eut pour effet que la franc-maçonnerie se développa en toute liberté dans les pays anglo-saxons et protestants et leurs colonies respectives, ou il est considéré comme un honneur d’être Franc-maçon, étant donné que l’ordre y jouit de protections royales et nobiliaires, tandis que dans les pays catholiques elle dut vivre difficilement.
L’exportation de la Franc-maçonnerie outre Europe se fit par le biais de loges de marins et cde loges militaires. Ainsi, en Nouvelle-France, aux loges françaises qui s’étaient installées au Québec en 1727, succédèrent les loges anglaises vers 1760. Les Anglais avaient installé des loges sur la côte Atlantique des futurs États-unis dès 1730. Elles s’y développèrent rapidement et de nombreux maçons, pourtant restés fidèles à la Loge Mère, furent les artisans de l’indépendance des treize États de l’Union et allèrent chercher le secours d’autres maçons, Français, La Fayette en tête, ami de Benjamin Franklin, qui faisait partie de la Loge Parisienne « Les Neuf sœurs » et de Georges Washington, qui lui, fut initié sur le continent nord-américain.
Cette solidarité entre francs-maçons se manifesta aussi lors des mouvements d’indépendance des pays d’Amérique latine (Bolivar, San Martin, Artigas et de nombreux autres militaires qui faisaient partie des « libérateurs » étaient aussi Francs-maçons.
Pour cette raison, et malgré la persécution de francs-maçons que l’Église avait conduite au XVIIIe siècle, en Amérique latine les obédiences maçonniques jouissent d’une considération très forte, encore aujourd’hui.
Les Constitutions d’Anderson avec leurs variantes resteront le credo de la maçonnerie anglo-saxonne, et si les loges se répandirent très rapidement après la création de la Grande Loge mère, sur le continent européen, d’abord, dans des pays catholiques comme dans des pays protestants, puis dans les colonies, il faut noter qu’en France, par exemple, la Franc-maçonnerie ne les ont pas utilisées comme livre sacré avant la deuxième moitié du XXe siècle.
La Franc-maçonnerie moderne naquit donc en Angleterre, mais sur ce sol même, malgré le vœu de rassembler tous les honnêtes hommes, il y eut une première scission, un groupe de loges estimant que les modifications de 1838 trahissaient la tradition; elles se séparent de la Grande loge de Londres, devenue à cette date Grande Loge d’Angleterre, et forment, en 1851, la Grande Loge des Anciens.
Anciens et Modernes finiront par se regrouper en e faisant des concessions mutuelles, en 1813, devenant alors la Grande Loge Unie d’Angleterre, telle qu’elle est encore présente de nos jours non seulement dans les pays anglo-saxons, -dont, évidemment le Canada-. Cette franc-maçonnerie se considère comme la seule régulière, et ne reconnaît qu’une seule Grande Loge par pays ou État. C’est ainsi qu’aux États-Unis chaque État a sa Grande Loge, et au Canada, c chaque province la sienne, toutes reconnues par la Grande Loge Unie.
L’article 1 de la Constitution d’Anderson, après la fusion des Anciens et des modernes devient donc :
Concernant Dieu et la religion : un maçon est obligé, de par sa tenure, d'obéir à la loi morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux.
De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que Dieu voit autrement que l'homme car l'homme voit l'apparence extérieure alors que Dieu voit le cœur.
Un maçon est par conséquent particulièrement astreint à ne jamais agir à l'encontre des commandements de sa conscience.
Quelle que soit la religion de l'homme ou sa manière d'adorer, il n'est pas exclu de l'Ordre, pourvu qu'il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu'il pratique les devoirs sacrés de la morale.
La naissance de la Franc-maçonnerie libérale, fin du XIXe siècle.
Mais Dieu ou plutôt l’obligation d’y croire, même sous la forme d’un Grand Architecte, restera un objet de litige, que certains résoudront en l’acceptant et d’autres en le réfutant….
C’est ainsi que Le Grand Orient de France, sous la Grande maîtrise de Frédéric Desmons, abrogea en 1877, l’obligation de croire en un Grand Architecte de l’univers. Déisme et athéisme avaient gagné trop de terrain pour que l’on puisse considérer qu’il fallait croire en Dieu pour être un homme « libre et de bonnes mœurs ».
C’est ainsi que poussa une branche nouvelle à la Franc-maçonnerie moderne, celle de la Franc-maçonnerie libérale.
La Grande Loge d’Angleterre ne reconnut pas et ne reconnaît toujours pas les Loges qui travaillaient non plus « à la gloire du Grand Architecte », mais « au progrès de l’humanité… »
Elles se développèrent pourtant, partout dans le monde, pas autant que les loges reconnues par la Grande Loge mère, mais surtout dans les pays qui étaient sous l’influence des philosophes français du XVIIIe siècle, qui adhéraient aux valeurs laïques et aux principes de la liberté de croyance.
C’est ainsi qu’en Europe, loges libérales et loges traditionnelles se côtoient, comme en d’autres pays, et particulièrement ceux de l’Amérique latine.
Parallèlement à cette maçonnerie libérale laïque, se sont développées tout au long du XVIIIe siècle, des obédiences dites spiritualistes, ou ésotériques, qui placent au centre de leurs préoccupations le symbolisme qu’il soit de nature métaphysique, alchimique, kabbalistique, ou les rituels égyptiens. Elles constituent de nombreuses branches.
Loges déistes, loges laïques s’entendaient pourtant sur un point : c’étaient des loges masculines.
La question du droit des femmes était pourtant débattue depuis la Révolution française et même si la Franc-maçonnerie leur faisait une place, c’étaient dans des loges dites « d’adoption », comme cela se pratique encore de nos jours dans les Grandes Loges traditionnelles qui regroupent sous le nom de Eastern Stars les épouses, sœurs et mères des francs-maçons.
Sous l’Empire de Napoléon 1er, Joséphine, pour un temps son épouse, fut ainsi la Grande maîtresse des Loges d’adoption françaises.
Sous l’emprise des grands débats sur le droit de vote des femmes et leur accès à l’éducation, en 1882, une Loge de La Grande Loge écossaise, « Les Libres Penseurs » près de Paris, initie une femme avec les mêmes rituels que ceux qui étaient utilisés pour les hommes. Gros scandale ! Il fallut attendre une dizaine d’années pour que se forme l’Ordre maçonnique mixte Le Droit Humain, en 1893, qui se propagera très vite et deviendra international.
Une autre branche pousse: celle de la Franc-maçonnerie mixte.
Les Loges d’adoption de la Grande Loge de France recevront leur émancipation l’année où les femmes reçurent leur droit de vote, en 1945, pour devenir en 1952, la Grande Loge féminine de France. Ces Grandes Loges féminines aussi se propagent très vite, d’autant qu’en Italie, en Espagne, des initiatives semblables s’étaient produites que les contextes ultra catholiques n’avaient pas permis de publiciser autant…
La Franc-maçonnerie essentiellement féminine constitue une nouvelle branche.
Nous pouvons dire qu’aujourd’hui entre ces multiples formes de la franc-maçonnerie, il y a moyen de trouver sa bonne branche!